TheDarkestwizards

La naissance du Mal ...

    La toute petite enfance du POV Tom et Lianna c'est terminé :) Épilogue en ligne * moment de satisfaction activé* (18/03/2018)

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. Avant qu'ils ne deviennent les plus grands mages noirs de tout les temps, il y avait deux étudiants tristes et brillants. . 26/11/2016



Born of the darkness

Cet univers est un monde alternatif /parallèle au monde HP.
Le miens.

Bienvenue à tous sur ce blog  dont les mots souffrances, angoisses, tristesse et méchanceté seront mis en avant tout le long de cette petite histoire qui sera réalisées en 10 chapitres clés . Cette fanfiction est un spin off de ma fanfiction originale Les secrets du passé et est en relation avec un autre spin off, remontant plus loin dans le temps sur les Scamender ( arrêté pour le moment ). Le nom de cette histoire sera  Born of the darkness pour divers raisons que vous comprendrez, cette dernière pourra sans soucis être lu indépendamment des deux autres histoires . Finalement, pour ceux qui ne me connaisse  moi c'est Chris' ( j'écris depuis de très longues années) mais enfin, trêves de bavardage ont aura tout le temps de faire connaissance , et je vous souhaite la bienvenue dans les méandres du mal et le programme des différents chapitres déjà établis vu que cela me trottait déjà à  l'esprit dans le plus grand secret  et ce bien avant mon premier spin off .


S'il vous plait, pas de lecteurs fantômes :) Avis constructif nécessaire pour les VIP !


Sommaire des chapitres*  peut amener à être modifié

~*~

Spin-off  Des Secrets du passé Tom/ Lianna AVANT Poudlard
 
                                                   

1931-1938

Chapitrages

Prologue (décembre 1931) : Le deux petits solitaires ou avant la noirceur.  V
Chapitre 1 (mars 1932) : Sauvetage ou les deux anormaux  de l'orphelinat.  V 
Chapitre 2 (Février 1933) : Etre différent ou pourquoi se faire rejeter comme des malpropres.   V
Chapitre 3 (mai 1935) : Les orphelins désespérés ou comment réussir à porter injustement un bonnet d'âne. V
Chapitre 4  (Décembre 1935) Noël  ou la dureté de la  différence 1/2 
Chapitre 4  (Décembre 1935) Noël  ou la dureté de la  différence 2 /2 V
Chapitre 5 (Avril  1936) : Voyage à la mer  ou la caverne mystérieuse V
            Chapitre 6 (Octobre 1936) La langue des serpents ou une rencontre particulière V
Chapitre 7  ( Mai/ juin 1937 ) : Expérimentations malsaines ou le lapin pendu V
Chapitre 8 ( début juillet 1938)  : Manipulations de l'esprit V
Chapitre 9 : Le professeur Albus Dumbledore V
Chapitre 10  : La force de l'Amour ou la révélation de tout les espoirs V
Épilogue : Sous la carapace de deux monstres sanguinaires.V

10/10

~*~

Bonus durant la période de l'orphelinat avant Poudlard
 
Bonus 1 : Combats intérieurs ( Evelyn Cole, directrice de Wool)
Bonus 2: Parentalité refoulée ( Liliane Evans/Tom Riddle Sénior)
Bonus 3 :  La puissance de l'Amour ( Liliane Evans/ Albus Dumbledore)
Bonus 4 : Décadence d'un cracmol (Stewart Pawell)
Bonus 5 : ( Louis Gardener, frère de l'orphelinat/ groupe fidèle de Salem/ Section 5)

~*~
 

Vous pouvez retrouvez Tom et Lianna  pré ado et ado sur darknesslagecy.sky. De plus un os juste avant l'arrivée de Lianna à l'orphelinat  se trouve ici  mais aussi sur Tom  et Lianna à 13 ans durant la Guerre chez Liliane ici.
 
~*~



 
Les futurs chevaliers de Walpurgis  ou ( les futurs mangemorts )

 
          R-E-P-E-R-T-O-I-R-E









. Les deux petits solitaires ou Before the Darkness . 26/11/2016


Enfant Tom Riddle   : David Mazouz
Enfant Lianna Sauwer  : Emmy Rossum
Ado Tom Riddle : Christian Coulson
Ado  Lianna Sauwer: Emmy Rossum
~*~
Musique : Here

Correction par Griseperle qui écris de très jolis poèmes.

2 Décembre 1931
 
Personne ne naît mauvais. Le mal est un concept abstrait qui se crée lentement, sinueusement au sein d'un individu, envahissant ses veines tel le venin d'un serpent. La méchanceté n'est pas innée, elle apparaît par le biais d'une souffrance extrême et d'un mal-être qui devient difficile à apaiser. Le bien et le mal n'existent pas tels quels. Les plus grands méchants de l'histoire ont tous derrière eux une vie nébuleuse. C'est ainsi qu'au loin, à l'intérieur du principal orphelinat londonien que nous retrouvons la petite Lianna Sauwer sanglotant et couchée sur le matelas de son petit lit. Une petite fille comme l'on pouvait en trouver ici et là. Oui, elle était à première vue une enfant des plus innocente,  mais qui  pourtant, dans le futur, marquerait l'histoire du monde des sorciers et... de la pire des façons qui soit.  
 
Le monstre pleure encore, se moqua en hurlant de rire un petit garçon d'environs neuf ans. Le petit bébé. Ce n'est pas comme ça que tu t'habitueras à la vie ici, l'anormale.
 
L'enfant pleurait beaucoup à cette époque, arrivée depuis peu dans cet endroit froid et lugubre où s'entremêlaient bon nombre d'orphelins tels du bétail à vendre aux parents adoptifs,  Lianna ne se souvenait que du jour de son anniversaire, son nom et son prénom. Aucun souvenir d'avoir eu une famille n'était présent dans son esprit. Le petit enfant âgé de quatre ans ne releva pas son visage et se contenta de laisser sa figure enfouie dans cette chose grisâtre et quelque peu moisie qui lui servait d'oreiller alors que Billy Stubbs, un petit garçon blond aux yeux bleu foncé, enfonçait violemment la porte de sa petite chambre afin d'y pénétrer. Monstre.
 
 Ce mot, la fillette aux cheveux bouclés l'entendait maintenant depuis quelques semaines. Des événements anormaux que l'enfant ne comprenait pas se multipliaient autour d'elle. Cela avait débuté trois jours seulement après son arrivée dans ce pensionnat alors qu'elle ne voulait pas manger les légumes de son repas. Ces derniers avaient en effet disparu inexplicablement devant les yeux de certains pensionnaires se trouvant attablés à la même table du réfectoire. S'ensuivirent des rumeurs et de nouveaux accidents inexpliqués que même les  multiples frères et s½urs de l'orphelinat ne pouvaient  comprendre.
 
Cela lui avait valu ces surnoms en un temps record. Le monstre et l'anormale. Personne ne voulait l'approcher. Et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Les plus grands de l'orphelinat avaient continué à parler de ces étranges phénomènes auprès des orphelins, telle une traînée de poudre. Les plus petits ne voulaient donc pas jouer avec elle de peur qu'ils ne leur arrivent quelque chose, alors que le bambin n'avait qu'un seul désir, se faire des petits amis de son âge avec qui jouer et ce que ce soit au sein de l'orphelinat ou à la petite école du quartier.
 
Laisse-la tranquille, Billy ! cria un autre petit garçon de sa voix fluette.
 
Un garçonnet aux cheveux ébène venait de se faufiler entre le petit attroupement d'orphelins qui se trouvaient devant l'entrée de la chambre de l'autre fillette. Les poings serrés et du haut de ses presque cinq ans, il ne comprenait pas comment on pouvait être aussi méchant sans prendre la peine de connaître la personne. Il fusilla du regard ces pensionnaires , filles et garçons en ce compris, qui lui faisaient face . Il avait droit lui aussi à des moqueries du même genre que l'autre petite fille qui l'avait directement intriguée dès son arrivée dans cet endroit miteux. Il ne l'avait pas tout de suite approchée de peur qu'elle ne soit comme tous ces autres enfants qui ne voulaient pas de lui comme ami.
 
Mais lui, à sa façon, il avait finalement compris qu'elle était comme lui. Qu'elle aussi était différente des autres enfants. Alors peut-être qu'aujourd'hui,  il pourrait avoir un premier ami avec qui jouer et qui lui ressemblait un peu. À cette pensée, un petit sourire heureux se dessina sur son visage pâle. Il espérait vraiment qu'elle soit différente. Mais après tout,  elle faisait des choses étranges comme lui,  alors peut-être qu'elle l'accepterait comme ami de jeu.
 
Oh, l'autre petit monstre veut qu'on laisse l'anormale tranquille. Tu veux te faire une amie, Riddle ? ricana une enfant au corps athlétique. Ça devient lassant, je vais voir avec madame Cole s'il y a moyen d'aller jouer dans la cour avant d'aller nous coucher. Laissons ces deux morveux pour aujourd'hui.
 - Tu sais que nous avons école demain, Kiara, elle ne nous laissera jamais faire ça, commenta un autre garçon du même âge. Autant embêter ces deux-là encore un peu.
 - On peut demander à frère Louis, il n'arrive jamais à nous dire non !
 
Le petit Riddle fixa les six pensionnaires qui se trouvaient toujours à l'entrée de la chambre commencer à débattre furieusement entre eux. Le petit garçon respirait anormalement, il voulait leur faire mal, mais il devait parler avec la fillette alors il refoula ses envies :  elle ne devait pas pleurer. Elle était quelqu'un d'exceptionnel, et les autres étaient méchants. Alors, quand ces derniers décidèrent de trouver un des frères de l'orphelinat, il se réjouit à la perspective de pouvoir aller discuter avec la petite fille en toute tranquillité. Les autres orphelins leur lancèrent d'autres remarques désobligeantes avant de disparaître dans le couloir. Le garçonnet attendit de ne plus les entendre pour entrer complètement dans la pièce si semblable à la sienne. Seul un lit, une armoire et une commode siégeaient entre les murs en pierre de l'endroit.
 
Il s'approcha avec incertitude du petit lit à l'allure usée, la petite fille n'avait pas relevé le regard. Elle tremblait quand il secoua doucement sa petite épaule, mais elle ne bougea pas, concentrée dans ses sanglots. Il ne savait pas comment s'y prendre et il voulait vraiment lui parler. Il fronça les sourcils, et il décida de se glisser sur le petit lit. Puis il se racla la gorge, décidé à intervenir, lui, du haut de ses presque cinq ans.
 
Euh... Salut, je suis Tom, fit-il d'un ton légèrement vexé qu'elle ne daigne même pas relever son visage de cet oreiller alors qu'il l'avait défendue. Tu... tu  dois pas pleurer, eux, ils sont pas comme nous, ils  savent pas faire des choses comme toi ou moi. Je peux te montrer ce que je peux faire si tu veux. Je... commença d'un ton hésitant le garçonnet. Je voudrais que tu sois mon amie.
 - Je... je sais qui tu es, tes toujours tout seul et y en a qui ont peur de toi. Ils ont raison de toute façon et pourquoi toi, tu voudrais être mon ami ? renifla Lianna. Tu as pas peur ? Je te crois pas !
 
La petite fille avait légèrement relevé le regard avant de se mettre en position assise face à la mine intéressée du garçon aux yeux noirs qu'elle fixait désormais avec perplexité. Le petit garçon fut envoûté par ses iris bleu-vert pourtant gonflés par les larmes et il trouva qu'ils étaient les plus beaux  yeux qu'il n'avait jamais vus. Tom sentit ses joues rosir doucement face à ses pensées gênantes tandis que la fillette parlait d'une voix saccadée à cause des soubresauts qu'avaient provoqués ses précédents pleurs. Et pourtant, il fut vexé des dernières paroles de la fille. Il n'était pas un menteur.
 
Je te l'ai dit, je sens que... que tu n'es pas comme eux. Je  sais pas comment expliquer, mais je sais que ce que tu fais sans faire exprès c'est... comme moi, bredouilla Tom en s'empêtrant dans ses propos. Non, j'ai pas peur, fit-il  d'un ton brusquement impérieux. J'ai peur de rien, mentit-il avec aplomb. Et ben, tant pis, tu veux pas, et ben c'est pas grave, je serais mieux tout seul comme toujours, fit-il d'une voix très enfantine, en refoulant honteusement les larmes qui menaçaient étrangement de tomber de ses paupières. Je croyais que tu me comprendrais, je me suis trompé.
 
Blessé dans son orgueil, il sauta du lit en s'y laissant tomber, frustré. Il ne pleurait jamais. Il n'aimait pas les autres enfants de l'orphelinat. Ils étaient stupides, inintéressants et méchants. Il aimait alors  leur faire peur quand il en avait l'occasion. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait. Mais en faisant cela, il était un peu plus tranquille, car eux ils avaient peur, et étrangement ça lui plaisait. Beaucoup. C'est pour ça qu'il voulait montrer certaines choses à cette petite fille qui avait attiré son attention par sa différence et les multiples rumeurs qui couraient dans l'orphelinat. Inexplicablement, Il voulait qu'elle aussi sache se défendre. Mais tant pis, elle aussi serait un ennemi.
 
Attends, euh, Tom ? bredouilla Lianna, en frottant ses yeux avec la manche délabrée et grise de son uniforme. Tu veux vraiment être mon ami ?
 
Tom s'arrêta à l'entrée de la chambre, le c½ur battant la chamade contre sa petite cage thoracique. L'espoir se répandit alors brutalement dans tout son être. Et tandis qu'il l'entendait prononcer ces mots, il pivota de nouveau vers elle, un sourire, pour une fois sincère, se répandant le long de son visage. Il comprit alors qu'il analysait la figure de l'autre enfant, qu'elle aussi devait ressentir cet espoir de ne plus se sentir seule dans cet horrible endroit.
 
Oui, assura-t-il, les yeux brillant de joie. Viens... je vais te montrer comment voler des jouets aux autres sans te faire prendre ! Tu sauras le faire, car je suis certain que tu es comme moi. Et puis, on pourra faire ensemble nos lettres d'alphabet pour madame Jane. J'arrive toujours pas à faire le B comme il faut pour demain, expliqua-t-il étrangement en haussant les épaules. S½ur Joëlle dis que je suis un incapable quand elle nous garde en groupe pour les devoirs, mais je fais de mon mieux.
 
Ce fut sur ces dernières paroles que Lianna, qui souriait pour la première fois depuis son arrivée dans ce lieu, se laissa glisser de son petit lit, faisant virevolter sa petite jupe d'uniforme, et elle se joignit à Tom qui lui tendait la main. Elle n'était pas certaine de vouloir voler des jouets, mais au moins, elle allait peut-être avoir un bon ami et elle ne serait plus seule. Ce fut pour cela qu'elle attrapa la main du petit garçon.
 
Personne ne naît mauvais. Le mal est  un concept abstrait qui se crée lentement, sinueusement au sein d'un individu, envahissant ses veines tel le venin d'un serpent. La méchanceté n'est pas innée, elle apparaît par le biais d'une souffrance extrême et d'un mal-être qui devient difficile à apaiser.  Le bien et le mal n'existent pas tels quels. Les plus grands méchants de l'histoire ont tous derrière eux une vie nébuleuse. Car oui, autant Tom que Lianna ressentaient de l'espoir à ce moment précis de l'histoire. Chers lecteurs, sachez que Lady et Lord Voldemort n'existaient pas à cette époque. Seuls Tom et Lianna qui étaient désespérés à l'idée de survivre, cherchaient à trouver ce que tout enfant voulait être... aimé.


Ce moment fut le début d'une amitié... dévastatrice.
~*~
 NB

Voici le prologue. Je ne sais pas quoi en penser, sachez pour les nouveaux que cela me fait vraiment bizzare d'écrire sur  les versions  totalement miniatures de Tom et cette OC, ayant l'habitude d'écrire généralement avec leur versions adultes . Pour Tom, je me suis dis qu'il à quatre ans et demi, qu'il sait faire des choses, qu'il peut faire peur et tout ça, mais là pour moi même pour lui, il lui reste l'espoir d'avoir un ami. Aprés-tout, il sont tout petit  petit aussi **) , mais certes j'ai essayé de montrer les prémices de sa personnalité.  So What do you thinking?
 

. Sauvetage ou les deux anormaux de l'orphelinat. . 01/12/2016

. Sauvetage ou les deux anormaux  de l'orphelinat.  .
 
Enfant Tom Riddle   : David Mazouz
Enfant Lianna Sauwer  : Emmy Rossum
Ado Tom Riddle : Christian Coulson
Ado  Lianna Sauwer: Emmy Rossum
~*~
 
Attention violence !! Âme sensible s'abstenir. Yep ce n'est pas une gentillette histoire.
Musique : Here
Correction par Griseperle qui écris de très jolis poèmes.
 
14 Mars 1932, Orphelinat Wool, chambre de Tom Riddle, 18 h 03

Le Bien et le Mal n'existent pas, il n'y a que le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher. Ces paroles seraient prononcées à plusieurs reprises et sans sourciller par Tom Riddle, ou plutôt celui dont vous n'oseriez prononcer le nom dans le futur : Lord Voldemort. Mais, après tout, n'avait-il pas raison ? Le Bien et le Mal sont des concepts abstraits difficiles à cerner. Ils ne sont que les résultats de notre vécu et, par conséquent, de nos futures actions et ce, qu'elles en soient bonnes ou mauvaises. Alors, pour arriver sur le chemin de la grandeur et devenir quelqu'un et non un incompétent comme on le lui avait si souvent répété petit enfant, ne pourrait-on pas déjouer ces règles qui ne sont qu'après tout le fruit d'autres humains ? Ce sont les questions que se poserait plus tard le bambin qui, à cet instant précis, laissait échapper un éclat de rire, usant d'une petite épée en bois qu'il avait trouvée dans un coffre à jouets caché dans le bureau de la directrice de l'établissement. Cette dernière avait jugé que certains types de gadgets étaient dangereux pour les petits orphelins qu'ils étaient, mais c'était justement pour cette raison qu'il avait été attiré par ces jouets.
 
Tom et Lianna n'avaient pas de jouets à eux. Les petits anormaux n'en avaient pas le droit. Et bien que certains frères et s½urs ne fussent pas d'accord avec cette décision, prise par des personnes bien plus haut placées dans la hiérarchie de l'établissement, ils ne pouvaient rien faire sous peine de se voir gentiment exclure de l'orphelinat Wool. Certains avaient voulu discuter à la directrice de ces honteux traitements qui les défavorisaient, mais cette dernière laissait certains de ses subordonnés prendre les décisions nécessaires au bon fonctionnement de la résidence, fermant les yeux sur certains faits qui s'avéraient effectivement embarrassants pour l'orphelinat. C'est pour cela que Tom avait commencé à utiliser ses étranges dons quelques mois auparavant afin de voler certains de ces derniers à l'insu d'autres pensionnaires. C'est ainsi qu'il avait amassé en douce ce qu'il considérait comme des artefacts de grandes valeurs. Il les avaient accumulés dans ce qu'il considérait comme sa petite boite à Trésor. Dernièrement, Lianna et lui-même avaient appris par des rumeurs provenant d'autres orphelins qu'un coffre rempli de jouets se trouvait dans le bureau de la directrice. Les deux enfants s'étaient de ce fait faufilés discrètement dans ce dernier afin de s'y servir. Ils y avaient trouvé ces deux petites épées en bois avec lesquels ils se divertissaient avec tant de ferveur.

Tu m'auras pas !  s'écria Tom. Non, non et non.
- Oui, je vais t'avoir ! Oui, oui, et oui !
 
Les deux enfants étaient dans la petite chambre du jeune garçon. Le garçonnet venait de sauter sur son petit lit à la suite de la fillette aux cheveux noirs et bouclés. Les deux petites épées s'entrechoquèrent maladroitement à l'image des bambins qu'ils étaient, bloquant un peu à l'aveuglette les « attaques »  sous l'hilarité de l'un et de l'autre. La fillette eut un sourire malicieux et tous deux ainsi positionnés sur le matelas, elle en profita pour exécuter sournoisement un croche-pied. Tom tomba lourdement sur ce qui lui servait de lit sans qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait. La fillette était imprévisible quand elle le désirait et ça lui plaisait vraiment, elle en avait dans le ventre et ça, oui, il en était certain. Lianna éclata de rire et leva son petit poing libre en l'air, victorieuse, alors qu'il grommelait honteusement dans sa barbe qu'il l'avait laissée faire, ce qui était évidemment faux.

 - Je t'ai eu, Tom ! Je t'ai eu ! cria Lianna en pointant sa petite épée sur le dos de son ami.
 
Il eut à son tour un sourire espiègle, car alors qu'il était toujours couché à plat ventre, et sans qu'elle ne s'y attende, Tom se retourna avec brusquerie et sauta sur la fillette afin de la faire chuter avec lui. Il attrapa vivement ses poignets et, avec un sourire en coin, il commença à chatouiller son estomac. Lianna éclata de rire, se pliant en deux sous les attaques de chatouilles dont elle était désormais la victime.

Maintenant, si tu veux que j'arrête, tu dois me supplier, gloussa l'enfant.
JAM... JAMAIS ! hurla Lianna, les joues rouges. C'est toi qui va vouloir me demander d'arrêter !
 
Et de nouveau, la fillette trouva la force de se retourner. L'enfant emprisonna elle aussi et à son tour Tom, qui eut à subir de multiples chatouilles. Les deux orphelins continuèrent dans ce sens durant quelques minutes, l'un prenant le dessus sur l'autre à plusieurs reprises, voulant être à tout prix le vainqueur de ce nouveau jeu. Fatigués et essoufflés, ils se laissèrent finalement tomber tranquillement sur le matelas. Leur joues étaient rougies par la chaleur et la transpiration, alors que leurs petits c½urs battaient à chamade dû à l'excitation qu'ils avaient éprouvés. Ils reprirent une respiration décente et régulière quelques minutes plus tard, tout en laissant de temps à autre échapper des spasmes de rire qu'ils n'arrivaient pas tout à fait à contenir.
 
Une fois qu'ils furent calmés, Tom, qui entre-temps s'était profondément enfoui dans ses malheureux songes, tourna son visage vers son amie. Oui, il pouvait désormais dire qu'elle était devenue son alliée dans cet enfer qu'était Wool. Sa seule amie. Un sourire heureux s'afficha sur les lèvres du jeune garçon face à cette pensée heureuse, alors que le mot amie résonnait gaiement dans son esprit. C'est ce qu'il avait toujours voulu, un camarade de jeu avec qui échanger, voire partager. Et depuis quelques mois, son v½u le plus cher avait finalement été exaucé avec l'arrivée de cette petite fille si différente, un peu à son image.

Tom éprouvait le besoin de la protéger, parce que dans son jeune esprit, c'est ce qu'on était censé faire si on tenait à une personne. Pour la première fois de son existence, il tenait à quelqu'un qui l'appréciait pour ce qu'il était en retour. Personne n'avait jamais été gentil avec lui. Il n'inspirait que du dégoût à cause de quelque chose qu'il ne comprenait pas du haut de ses cinq ans. Mais maintenant c'était irrémédiablement différent. Ils étaient deux et ils étaient donc bien plus forts et surtout soudés. Il n'avait besoin de personne d'autre tant qu'il avait son amie. Tant qu'il avait Lianna.
 
Tu as mal à ta joue ? demanda avec inquiétude le garçonnet.

Lianna tourna à son tour son visage vers lui, un hématome bleu et disgracieux dénaturait effectivement sa petite joue enfantine. Cette trace avait été laissée par un écolier plus âgé étudiant à la petite école Saint John - une des rares écoles qui accueillaient tant les filles que les garçons dans leur établissement - un peu plus tôt dans la journée. Les rumeurs des deux petits monstres séjournant à l'orphelinat Wool s'étaient ébruitées telle une traînée de poudre, et ce jusqu'au sein de l'école qui accueillait les divers pensionnaires de l'endroit. Lianna était devenue une cible privilégiée depuis qu'elle s'était retrouvée - on ne savait comment - sur le toit de l'école alors que des enfants bien plus âgés s'amusaient à vouloir  l'attraper afin de l'importuner et lui mettre le visage dans les toilettes de l'institution.

Instinctivement, la fillette mit une main sur sa joue abîmée et les larmes lui montèrent spontanément aux yeux. Elle avait juste aimablement voulu renvoyer le ballon au garçon qui jouait dans la cour de récréation, toujours dans l'espoir de se faire d'autres amis que Tom. Mais sans qu'elle ne le fasse exprès, elle l'avait jeté par-dessus l'un des préaux de la cour. Le garçon sur les nerfs et ayant entendu les rumeurs sur les choses paranormales qui se déroulaient autour d'elle l'avait frappée au visage, sans aucun scrupule, et ce sous les yeux satisfaits de certains enfants, qui eux, vivaient avec Tom et Lianna à l'orphelinat.

 -Un peu, gémit-elle en reniflant brusquement. Dis... tu crois que c'est parce qu'on est bizarre qu'on n'a pas de maman et de papa, et c'est pour ça qu'on est ici ?
- Pleure pas, Lianna, prévint Tom en fronçant les sourcils. Je sais pas, bredouilla l'enfant, mais tu dois pas pleurer, je te l'ai dit,  tu dois pas les écouter, c'est eux les méchants, c'est tout. Toi, tu es mieux qu'eux, termina-il de sa voix fluette. Tu sais faire des choses de magicien, comme le jeu de Magico Tour qui est dans la grande caisse à jouets dans le bureau de  s½ur Joëlle, mais en beaucoup, beaucoup mieux !  Et ce garçon ? Il avait pas à t'ennuyer, tu as bien fait, c'est ce qu'il mérite !

Et effectivement, elle savait elle aussi faire bouger les choses par la pensée, elle se débrouillait même plutôt bien. La première fois qu'ils avaient volé un jouet ensemble, il lui avait montré comment se concentrer suffisamment pour qu'elle puisse soulever l'objet désiré. Et puis, il l'avouait, il avait voulu la tester à sa façon afin de confirmer ce qu'il ressentait à son égard, cette différence qu'il ne savait expliquer, mais qu'il percevait aisément émaner de son corps sans savoir ce qui en découlait réellement avec des mots.

C'est ainsi  qu'il lui avait vraiment montré qu'il voulait être son ami, en l'emmenant dans la chambre d'une fillette dont il savait qu'elle possédait une petite poupée qui ferait certainement plaisir à sa nouvelle partenaire de jeu. Lianna s'était sentie coupable de faire ça à l'insu de l'autre orpheline, mais ses ressentis s'étaient rapidement estompés face au sourire sincère et avenant du petit garçon qui voulait sincèrement être son camarade de jeu, elle aussi le ressentait, il disait la vérité. Pendant que cette dernière était endormie, ils avaient ouvert la porte, et ils avaient tout de suite repéré ledit jouet aux côtés de la fillette assoupie. C'est en restant sur le devant de la porte qu'ils s'étaient entraînés à utiliser ces étranges pouvoirs... réalisant ce méfait avec ces capacités, que la petite fille possédait étonnement aussi.
 
Moi je me souviens pas de ma maman et de mon papaje sais pas pourquoi, continua Lianna, en hoquetant malgré elle. Peut-être que j'étais pas gentille, c'est pour ça que je suis là.
- On m'a dit que ma maman était morte quand je suis né, c'est miss Cole elle-même qui me l'a dit, elle était là ce jour-là, se confia Tom, parlant pour la première fois de ce sujet, décidant qu'il lui faisait désormais pleinement confiance. Je suis né ici, donc je sais pas. Mais ta maman et ton papa, ils sont idiots s'ils pensaient ça de toi !
 
Alors que les petits enfants s'adonnaient inconsciemment à de petites confidences qui taraudaient leur jeune esprit, conscient qu'ils étaient étranges et différents, ils n'eurent  pas le temps d'argumenter plus en profondeur, car la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas sur le frère Louis, un homme qui disposait d' une certaine musculature et qui semblait véritablement furieux. Les deux enfants horrifiés s'étaient mis rapidement en position assise alors que l'homme pointait dangereusement du doigt Lianna, les lèvres frémissantes de colère. Ses petits yeux globuleux semblaient vouloir sortir de leurs orbites tant celui-ci était énervé. Dans ses mains, il tenait hargneusement une ceinture qu'il enserrait mesquinement entre ses doigts. Il referma brutalement la porte derrière lui d'un coup de pied sec. Puis, il s'avança dangereusement vers les petits enfants d'un air menaçant.

Toi, qu'est-ce que tu as encore fait à l'école aujourd'hui ? Tu croyais que personne n'en saurait rien ? Que les  professeurs ne nous avertiraient pas ? Les êtres comme toi il faut les punir, j'ai toujours pensé que des êtres de ton espèce existaient, mais il me semble que vous deux vous en êtes, enfants de Satan. Vous devez être punis, que les démons qui vous habitent s'en aillent. Mais bien sûr, cela restera encore une fois entre nous, madame Cole et certains de mes collègues n'ont pas besoin de savoir cela. Vous savez pourtant ce qui en découle quand vous faites ce genre de monstruosité.

Lianna se colla instinctivement à Tom, les membres tremblant furieusement de peur. Elle savait ce qui allait s'ensuivre, elle allait recevoir des coups de ceinture, vingt précisément, avant que l'homme lui-même éponge les plaies qu'allait provoquer cet acte  afin qu'aucune question ne soit posée. Son petit c½ur se mit à battre à une vitesse effrénée due à la peur qui envahissait sa chair. Elle ne savait pas ce qui s'était passé quand le garçon l'avait frappée. Il s'était retrouvé propulsé de l'autre côté de la cour de récréation alors qu'elle ressentait une étrange sensation au sein de son estomac, de ses bras et de ses mains.  Les élèves et les professeurs avaient vu la scène, mais le garçon n'avait pas été puni pour l'avoir frappée. Non, elle s'était elle-même retrouvée dans le bureau du directeur, où elle avait dû mentir en disant qu'elle l'avait poussé afin qu'on la laisse un tant soit peu tranquille. L'explication était nébuleuse, une petite fille des plus maigrelette ne pouvait pas faire cela, et certainement pas l'envoyer à dix mètres de sa position. C'était anormal. Tom n'était pas là quand ça s'était passé, et pour cause, il avait dû rester dans la classe suite à une énième  punition qu'il avait reçue et qui avait encore une fois été injuste puisqu'il s'était de nouveau retrouvé au milieu d'une bagarre qu'il n'avait pas cherché durant la récréation du matin.

NON ! NON ! Frappez pas Lianna, frère Louis, elle a rien fait !
Ne te mêle pas de ça, Tom, vous savez parfaitement que vous devez êtes punis quand ce genre de choses se produisent, c'est pour votre bien.

Tom était lui aussi terrifié. Il fixa d'un air ahuri l'adulte qui se croyait sérieux dans sa tirade. Il voulut se mettre devant celle qui était désormais sa seule amie, mais l'homme venait de l'attraper d'une poigne ferme par l'épaule. Il le jeta si brutalement à terre que le garçonnet sentit sa respiration s'entrecouper sous l'effet de la douleur. Il tenta de se mettre debout malgré ses jambes et son ventre endoloris qui furent provoqués par sa violente chute et il regarda la scène qui allait se dérouler devant son regard ténébreux, figé dans l'horreur. Lianna avait mis ses deux petites mains devant elle en guise de protection, se recroquevillant sur elle-même alors que le premier coup de ceinture se logeait sur le dos de l'enfant qui hurla de douleur.

Le brouhaha qui avait lieu dans les couloirs, signe que le repas du soir allait être distribué au réfectoire incessamment sous peu, couvrit les cris de souffrance de l'enfant. L'homme savait parfaitement quand et à quel moment s'y prendre pour les punir sans que les autres ne suspectent quoi que ce soit. L'adulte savait également qu'ils ne diraient rien et qu'on ne les laisserait même pas s'exprimer, eux, ces monstres. Tom et Lianna avaient bien trop peur de certains membres du personnel, qui plus est, et à l'instar de frère Louis. Ils étaient considérés comme de la peste, personne ne venait les aider à se préparer.  Que ce soit le matin ou le soir, ils se débrouillaient seuls. En effet, mis à part la nouvelle jeune s½ur qui venait d'arriver et qui les avaient un peu aidés durant un moment, ils étaient toujours mis à l'écart. Cette dernière avait d'ailleurs vite compris que ces deux petits enfants étaient considérés comme de la mauvaise graine sans en comprendre réellement la raison.

C'est avec une certaine crainte et surtout vis-à-vis de tout ce qu'elle avait pu entendre qu'elle s'en étaient occupés à la vitesse de l'éclair, de peur qu'ils ne lui fassent tous deux quelque chose qui pourrait la nuire à son insu. La dernière s½ur qui s'était occupée d'eux avait étrangement décidé de partir de l'orphelinat en vociférant des paroles incompréhensibles et dénuées de sens, l'air mortifié et apeuré, sans en expliquer l'exacte raison à ses compères. Le personnel de l'établissement n'avait jamais compris la cause de son départ.

À vrai dire, Tom et Lianna ne lui avaient rien fait. Au contraire, s½ur Lisa était l'une des seules qui s'étaient occupés un minimum d'eux -elle prenait déjà soin de Tom avant que la petite Lianna n'arrive - exprimant une certaine bienveillance à leur égard. Cependant, cette dernière les avait surpris en train de faire voltiger dans l'air divers bouquins pour enfant empruntés dans la petite bibliothèque de l'endroit, et ce en plein milieu de la chambre de la fillette. Sans que les enfants ne puissent avoir le temps de s'expliquer avec leur mots, elle avait pris ses jambes à son cou alors qu'elle venait simplement les préparer pour le coucher, tenant dans ses bras deux pyjamas bien propres, qu'elle avait laissés tomber à l'entrée de la pièce sous le choc. Oui, elle était sortie en hurlant de terreur et frère Louis, qui se trouvait à proximité et qui était très centré sur des notions tels que les démons et le Diable, les avait de nouveaux punis, psalmodiant des prières dites  « d'anti-possession » à leur égard.
 
Ce n'est que ce que tu mérites, Lianna, tu le sais, n'est-ce pas ? Tu as été une mauvaise petite fille aujourd'hui, tu ne dois pas faire ces choses. On doit guérir ce qui se trouve à l'intérieur de toi, ou plutôt de vous. Dieu ne peut accepter des petits monstres de votre espèce, énonça-t-il d'un air faussement désolé. Une fois guéris,  il viendra à vous, mais avant, vous n'aurez pas votre place au Paradis. Maintenant enlève le haut de tes vêtements, tout de suite ! Tu dois comprendre que tu ne dois pas faire ça.

Tom avait du mal à respirer. Il était paralysé. Lianna fut traînée à son tour à terre alors que l'homme l'obligeait injustement à enlever son chemisier et son gilet d'uniforme qu'elle eut du mal à déboutonner, la motricité de ses doigts étant encore bien jeune. Elle tremblait de tous ses membres, mais elle n'avait pas d'autre choix que d'obéir. L'homme impatient l'aida à se déshabiller et finalement le petit torse blessé de l'enfant fut mis à nu. Lianna ferma ses iris clairs alors que la ceinture sifflait de nouveau dans l'air avec mesquinerie, entaillant et écorchant dangereusement la peau enfantine de la petite fille qui commença à suinter de sang. Les coups donnés se succédaient dans l'horreur la plus totale sans que lui, du haut de ses cinq ans, ne puisse y faire quelque chose. Tom ne contrôlait pas vraiment ce qu'il faisait et pourtant il se devait d'essayer. Son amie pleurait de plus en plus fort, gémissant et promettant qu'elle ne ferait plus rien de mal. Le petit garçon se leva, pris d'une vivacité soudaine. Il s'élança vers l'homme et tenta de le mordre à  la jambe, et ce avec toute la force dont il disposait pour son jeune âge.
 
LAISSEZ MON AMIE !

Mais il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit de plus, lui aussi reçut une violente gifle qui le fit de nouveau tomber à terre, assommé et impuissant. Quelque chose se tordit au creux de son estomac, il voulait lui faire mal, vraiment mal. Il n'avait pas le droit de punir Lianna pour ça, elle n'avait rien fait. Il ancra son regard noir sur le visage de l'adulte avec toute la haine dont il disposait , il voulait qu'il lâche cette ceinture, qu'elle lui brûle entre les mains, qu'il arrête de faire mal à Lianna, il méritait de payer pour ça. À peine eut-il songé à cela, son petit corps tremblant toujours de colère, que les mains de l'homme prirent subitement et inexplicablement feu. Tom eut un sursaut de terreur face au phénomène. Venait-il vraiment de faire cela ?

Il éprouva une étrange sensation. Une sensation malsaine et perfide envahissant son âme. Il n'était pas dégoûté de sentir la chair brûlée qui arrivait maintenant et même avec un certain délice auprès de ses narines. Tom remarqua qu'il éprouvait un malin plaisir à le fixer crier de douleur alors que l'adulte regardait, ébahi, ses mains s'embraser perfidement devant lui, grâce à ces flammes inexplicables qui venaient d'apparaître de nulle part. Il aimait voir cet homme subir cette torture. Il était capable de nombreuses choses, de faire bien du mal s'il le désirait, et ça il venait de le comprendre. Plus personne n'oserait les embêter et tant pis s'ils ne restaient que tous les deux. Ils allaient essayer de comprendre ce qu'ils étaient. Ce que Lianna et lui-même étaient. Ils  disposaient de dons bien plus intéressants qu'il ne le pensait encore il y avait quelques minutes. Frère Louis avait lâché la ceinture suintante de sang à terre, aux côtés de Lianna qui convulsait sur le sol, la respiration saccadée et pratiquement inconsciente des faits se déroulant autour d'elle. 
 
MONSTRES ! MONSTRES ! ESPÈCES D'ABOMINATIONS !
 
L'homme continua de mugir, et un sourire satisfait apparut sur ses lèvres, il n'en éprouvait aucune honte. Bien au contraire, il ne s'était jamais senti aussi vivant. Peut-être qu'ils étaient des monstres après tout. Peut-être que tous ces gens avaient raison. Les flammes cessèrent brusquement, et aussi vite qu'elles étaient apparues, alors que Tom reprenait ses esprits face à ses pensées malsaines qu'il éprouvait pour la première fois avec une vive intensité. L'homme, dont le corps avait légèrement commencé à s'enflammer, tomba lourdement à terre en analysant ses mains littéralement carbonisées, les yeux dans le vague avant de tomber dans l'inconscience.

Les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'il revenait à la réalité, comprenant ce qu'il venait de faire, et ce en éprouvant un sentiment de plaisir qu'il n'avait pas compris. Il ne voulait pas que Lianna le déteste, elle le comprenait. Elle était son alliée. Il eut du mal à respirer alors qu'il secouait le petit corps de son amie avec vigueur, et qui se retrouvait tachée de sang ici et là. L'odeur de brûlé aurait pu le faire frémir de dégoût, mais il s'en fichait étrangement, éperdument. Oui, il se fichait des autres, mais pas de son amie qui était comme lui. Il l'appréciait. Beaucoup.
 
Li... Lianna, s'il te plaît, s'il te plaît, réveille-toi.
- J'ai..ma... j'ai mal... Tom.
 
Il avait l'habitude d'être châtié lui aussi. Le petit garçon avait appris à souffrir silencieusement et à refouler à sa façon ses sentiments pour ne pas que cela l'atteigne de plein fouet car ça faisait mal de souffrir. Il faisait en sorte d'éloigner les autres de lui par peur de souffrir comme on le lui avait fait subir. Mais il ne s'était jamais senti aussi bien qu'en présence de la petite fille qui lui faisait ressentir des choses qu'il n'avait jamais éprouvées auparavant, et il ne voulait donc pas la perdre. Tom ne supportait pas de l'apercevoir si mal en point et souffrante. Elle ne contrôlait pas ce qu'elle faisait. Ça ne faisait pas d'elle un monstre. Mais peut-être qu'ils étaient vraiment anormaux finalement, qu'ils méritaient de souffrir parce qu'ils n'étaient pas dans la norme des autres enfants.

Reste réveillée Li', s'il te plaît ! cria Tom.

Tom se colla à Lianna et il tenta de la glisser dans ses bras frêles, la collant contre son petit torse en espérant innocemment qu'elle se sentirait mieux, mais la petite fille gémissait et un filet de sang s'échappait de sa bouche. Des bleus apparaissaient horriblement sur sa peau sans qu'il ne puisse y faire quelque chose. Personne ne voudrait les aider... pas après ça. Pas après qu'il eut gravement blessé le monsieur en guise d'auto-défense. Enfin, il pensait vraiment être le responsable de cet acte. Des docteurs allaient encore venir leur parler, et cette fois, il en était certain, il finirait, du moins lui, dans un endroit où les messieurs et les mesdames étaient fous.Oui, c'était sûrement cela, ils étaient fous.

Quelques secondes plus tard et sous le vacarme assourdissant qui avait émané de la petite chambre, on trouverait le petit Tom, tenant dans ses bras Lianna, un air indéchiffrable plaqué sur son visage, alors que les cris d'horreurs se répercuteraient avec virulence au sein de l'orphelinat en apercevant l'état de frère Louis. Ce fut le jour où les rumeurs s'intensifièrent si vigoureusement à leur sujet que les deux enfants commenceraient à éprouver d'étranges sentiments négatifs pour les gens qui les entouraient au sein de l'établissement.

Mais surtout, ce fut la fois où Tom éprouva, et pour la première fois de sa vie, des sentiments malsains. Les médecins, après s'être occupés du frère Louis, penseraient sincèrement que l'adulte avait été victime d'un début de combustion instantané qui avait démarré sur les mains de l'homme. L'orphelinat tenta de bien camoufler cet événement, en comprenant que les gens auraient pu découvrir que la petite Lianna avait été battue quelques minutes avant que ce dernier ne soit victime de ce phénomène peu méconnu des médecins. Cette dernière avait d'ailleurs été soignée au sein de l'infirmerie de l'établissement pour que cela reste en effet confidentiel, tandis que le frère Louis fut enfermé dans un asile, dépossédé de l'usage de ses mains.

Tom et Lianna, après cet accident, furent suivis par de nombreux médecins appelés par les frères et s½urs, ou encore la directrice même de l'orphelinat afin de déceler si quelque chose n'allait pas avec eux, en vain. Après tout, ils avaient tous d'étranges soupçons sur ce jour macabre. Et bien qu'ils ne sachent ce qui en découlait, ils ne pouvaient toujours pas expliquer ce qu'ils ressentaient en présence de ces deux petits enfants. Ce sentiment d'oppression qui les envahissait à leur simple proximité.

Comment des bambins qui ne demandaient qu'un peu d'attention pouvaient provoquer une telle peur inexpliquée ? La réponse était assez évidente.  Les pouvoirs de ces deux petits sorciers étaient assez développés pour leur âge et, par conséquent, leur aura magique était suffocante pour les moldus, tant adultes qu'enfants. Les simples humains ont peur des ressentis qu'ils ne comprennent pas, les faisant ainsi agir, et parfois inconsciemment, avec toute la méchanceté dont ils disposaient face à ce qui était différent.

S'il n'y avait pas eu une Guerre qui faisait rage à cause d'un certain mage noir nommé Gellert Grindelwald, le ministère de la Magie, qui était averti des accidents magiques réalisés par les très jeunes sorciers sans vraiment savoir ce qui en découlait aux premiers abords, aurait évidemment envoyé des fonctionnaires afin de voir ce qui s'y passait. Chose qu'ils auraient indéniablement dû faire si, en ce même jour, le mage noir n'avait pas encore sévi dans le monde moldu, ce qui les détourna de ces petits détails habituellement communs chez les petits sorciers. Après tout, les accidents magiques des tout petits à cette époque n'étaient pas la priorité première du ministère devant la menace dont il avait à faire face, tant dans le monde des sorciers que celui moldu en cette année 1932.

Cette menace n'était pourtant rien vis-à-vis du fléau auquel ils auraient à faire face dans le futur. Des fonctionnaires du ministère auraient mieux fait de s'intéresser aux divers événements qui avaient eu lieu au sein de l'orphelinat moldu de Wool durant ces mêmes années de troubles. Mais avec des si, on referait certainement le monde, n'est-ce pas ? Et vous, chers lecteurs, qu'en pensez-vous ?

 
       Le mal ne naissait pas, il se créait.

Première conséquence de ce moment de vie : apparitions de sentiments négatifs et malsains à force de persécutions + renfermement sur soi.

~*~

NB

C'est du lourd non ? Sachez qu'à la base j'ai littéralement carbonisé frère Louis. Mais je me suis dit qu'il était trop , trop jeune pour le faire devenir un assassin bien qu'il aurait mérité.
J'avais dis que ce n'était pas à l'eau de rose, au contraire, cette histoire est une suite de quelques 'événements qui ont marqués leur vie qui à amené à ce qu'ils sont dans We are the Scamender by your blood et ou les secrets du passé...

* J'ai essayé de montrer que psychologiquement parlant Tom éprouvait déjà certain plaisir au mal ( pour moi l'une des première conséquences des actes de Mérope et son maudit philtre d'Amour), il est psychologiquement touché, effets secondaires on va dire

* C'est à ce demander, si en testant Lianna, si il ne veut pas être son amie juste parce qu'elle est comme lui, enfin certes , il voulait sincèrement une camarade de jeu, il l'apprécie beaucoup en tant que petite camarade, maintenant en tant que " possible" sentiments amoureux pour les nouveaux se sera bien plus compliqué, en grandissant Tom deviendra qui plus est plus hargneux, tel que vous le connaissez dans les os sur les Secrets du passé.

Petit avis constructif, please?

. Etre différent ou pourquoi se faire rejeter comme des malpropres . 18/12/2016

. Etre différent  ou pourquoi se faire rejeter comme des malpropres  .
. Etre différent  ou pourquoi se faire rejeter comme des malpropres  .

 


Enfant Tom Riddle   : David Mazouz
Enfant Lianna Sauwer  : Emmy Rossum
Ado Tom Riddle : Christian Coulson
Ado  Lianna Sauwer: Emmy Rossum
~*~

" L'orphelin qui perd un parent est privé d'amour, de tendresse et de sécurité. Il aura du mal à connaître l'épanouissement dans un environnement chaleureux où il se sentira aimé et protégé. Dès son jeune âge, ce petit doit compter sur soi-même. Il doit apprendre à assumer seul ses responsabilités. Il doit faire face à la tristesse et la solitude et certainement encore plus quand ce dernier est un petit sorcier se trouvant dans un environnement moldu ou il est incompris des autres"

~*~

Samedi 23 février 1933

Tom avait toujours détesté les espaces trop bruyants. Alors, quand une centaine d'orphelins devaient prendre leur repas de midi agglutinés dans une même pièce le weekend, il devenait irritable à souhait. Heureusement pour lui, personne ne venait prendre son repas que ce soit aux côtés de Lianna ou de lui-même. Tom n'éprouvait plus aucune tristesse devant ce comportement que les autres enfants lui réservaient depuis bien longtemps. Cependant, son amie était toujours blessée par cette attitude qu'elle ne méritait pas à son égard. Cela faisait prés d'un an que les rumeurs sur leur monstruosité s'étaient intensifiées à leur sujet. L'incident qui avait eu lieu avec le frère Louis n'avait fait qu'attiser le mépris qu'éprouvaient les autres enfants pour eux, tandis que les adultes restaient très distants et glacials envers eux comme s'ils étaient atteints d'une maladie incurable qu'ils ne pouvaient incontestablement pas soigner.
 
Le petit garçon toisait Lianna depuis quelques minutes. Les yeux perdus dans le vague, elle jouait distraitement avec une pomme de terre à moitié écrabouillée se trouvant au sein de son plateau de nourriture. Le garçonnet tenait beaucoup à la fillette dont les cheveux étaient composés de belles boucles noires, mais il ne supportait pas le fait qu'elle puisse autant vouloir désirer la compagnie des autres orphelins qui ne cessaient pourtant de la rejeter comme une malpropre, comme un monstre. Son amie était là depuis bien moins longtemps que lui, mais il espérait qu'un jour elle comprenne qu'elle ne serait jamais acceptée pour ce qu'elle était. Un être exceptionnel à ses yeux, mais qui serait et resterait toujours différente des autres enfants. Elle serait toujours mise à part à cause de ses étranges dons, dont ils n'avaient toujours pas réussi à mettre un nom sur la nature de ceux-ci.
 
Tu as l'intention de manger ce morceau de pomme de terre ?
 
Le ton employé était bien plus froid qu'il ne l'avait prévu. Lianna sursauta et releva ses iris bleu-vert vers lui. Elle fut légèrement surprise qu'il décide d'interrompre ses pensées monotones dans lesquelles elle vagabondait depuis un moment, enfouie dans de profondes réflexions alors que le petit garçon ne s'était pas vraiment exprimé de la matinée. Ses joues légèrement joufflues rosirent doucement alors qu'elle sortait de ses sombres songes dans lesquels elle était murée depuis de longues minutes. Il aimait la regarder rougir, surtout quand il l'interrompait dans le fil de ses pensées, mais il ne supportait décidément plus d'entendre les cliquetis de sa fourchette rentrer en collision avec son assiette dans un son qui l'angoissait particulièrement depuis qu'elle s'amusait à tapoter constamment sur cette dernière. Ses jambes qu'elle faisait aller nerveusement de haut en bas se stoppèrent également subitement devant le ton impérieux qu'il venait d'utiliser, inquiétée par tant de froideur émanant de sa part.
 
Pardon Lianna, je suis un peu stressé, avoua l'enfant en affichant un sourire contrit à son attention. Tu sais, c'est aujourd'hui que des gens viennent nous voir pour peut-être adopter l'un d'entre nous.

Et il en était ! Du haut de ses six ans, et malgré la haine apparente qu'éprouvaient les individus à son attention, le petit garçon espérait toujours au fond de lui qu'un couple d'adultes déciderait de l'adopter, ou de les adopter désormais pour ce qu'ils étaient. Mais ses pensées enfantines qui se trouvaient enfouies avec tant de désir au plus profond de lui ne se réaliseraient jamais. Il n'avait plus beaucoup d'espoir. Pourtant, il se promettait toujours intérieurement d'être bon pour eux, et même obéissant si cela devait se produire, mais l'espérance d'être accepté un jour par un couple d'adultes s'amoindrissait de plus en plus avec les années.
 
Il n'était pas assez bien pour les gens, cette différence allait le laisser seul pour toujours et il avait alors décidé qu'il n'avait besoin de personne. Être adopté lui semblait d'autant plus inimaginable quand on savait pertinemment que les frères et s½urs de l'orphelinat ne se privaient pas de conter les multiples événements terrifiants qui pouvaient se dérouler autour d'eux, éloignant ainsi vivement les potentiels parents adoptifs qui avaient voulu de plus amples informations sur Lianna ou lui-même.
 
Après tout, qui voudrait d'enfants étranges et à problèmes ? Peut-être qu'ils méritaient simplement de ne pas être adoptés finalement. Leur destin était tout simplement d'être seuls pour toujours ! Parce qu'ils n'étaient pas comme les autres enfants. Ils étaient peut-être vraiment soumis à une malédiction, c'est pour cela qu'ils devaient vraiment être punis, car c'est ce qu'ils méritaient s'ils ne rentraient pas dans la norme, non ?
 
C'est pas grave, fit la fillette avec un petit sourire. Peut-être que c'est bientôt qu'on partira d'ici ! espéra-t-elle, les yeux brillant d'espoir. Moi aussi, j'ai pas très faim, avoua-t-elle en continuant de chipoter dans son plat de nourriture. Peut-être qu'une maman et un papa nous aimeront et qu'ils nous prendront tous les deux avec eux !

Lianna avait, elle, encore beaucoup d'espoir. Tom ne pouvait pas le nier, la fillette ne voulait toujours pas croire que tout le monde puisse être méchant... « Peut-être qu'un jour des personnes les aimerait bien. » C'est ce qu'elle essayait toujours de se dire après un énième rejet qui lui avait pourtant fait tant de mal, elle était têtue. Tom aurait voulu la croire, mais il s'était fait une raison, jamais personne ne voudrait d'eux. Et pourtant, l'enfant qu'il était ne pouvait s'empêcher d'espérer à son tour devant la certitude suintant dans la voix de sa seule amie. Tom n'avait pas vraiment touché à son assiette non plus. Le bol de soupe aux carottes qui était accompagné de pommes de terre n'avait pas vraiment une vive allure. On nourrissait les petits orphelins qu'ils étaient comme pouvaient le faire les institutions adéquates qui préparaient une partie des repas. Il s'était habitué à cette nourriture préparée en masse par la plupart des cuisiniers de l'orphelinat quand ceux-ci ne se faisaient pas aider par d'autres établissements sociaux appropriés à cet effet. 
 
Cela n'était pas forcément appétissant et il s'en contentait, mais... qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour goûter à un de ces desserts au chocolat que les autres pensionnaires avaient le droit - en de rares occasions - de déguster alors qu'eux ne récoltaient que des fruits aux allures peu alléchantes. Les bonnes collations étaient également réservées à ceux qui étaient « sages ». Mais bien évidemment, eux n'étaient pas considérés comme des enfants sages, mais bien comme les deux petits orphelins étranges pour lesquels tout le monde ferait mieux de s'éloigner si on ne voulait pas être victime d'un quelconque problème. Tom soupira malgré lui, sa vie était tellement injuste.

Peut-être, fit Tom en haussant nonchalamment les épaules, mais espère pas trop Li', ça te fera encore mal et j'ai pas encore envie que tu sois encore triste, avoua-t-il, tout en jetant un ½il aux multiples tables du réfectoire avec un certain mépris. À mon avis, c'est l'un d'entre eux que les adultes choisiront, pas nous, pour pas changer, on n'est pas assez bons pour eux.
Et vous avez tout à fait raison les deux anormaux, se moqua une voix cinglante derrière eux, accompagnée de sa cour habituelle d'orphelins. Celle de Kiara, Billy, Dennis et Amy. Les couples adoptent les plus petits de toute façon, et en plus, ils n'adopteront certainement jamais deux petits monstres comme vous, je n'ai pas raison Billy ? demanda Dennis Bishop.
Oui, je suis d'accord, approuva le garçon blond. Il ne faut surtout pas espérer. D'ailleurs, je ne comprends même pas pourquoi vous avez mis l'un de vos plus « beaux » uniformes ! D'un, ils sont toujours aussi laids avec tout ce gris délavé ... oups, pardon... ou plutôt vous êtes affreux dedans, se corrigea-t-il, un air assuré plaqué sur son visage. Dans tous les cas les mômes, vous pouvez toujours espérer, vous n'êtes rien et vous ne serez jamais rien, jamais personne ne voudra de vous.

Éclat de rire général des orphelins qui entouraient allègrement Billy et sa bande. Tom n'eut pas le réflexe d'esquiver le plateau de nourriture intouché qui se trouvait devant lui et qui fut retourné avec rapidité sur ses cheveux ébène, à l'image de Lianna qui fut attaquée au même moment et sans scrupule par Amy Benson. Les larmes de cette dernière commencèrent à perler au coin de ses yeux. Soit par tristesse, soit à cause de la soupe chaude qui brûla leur épiderme, et plus particulièrement leur crâne. Pour lui en tout cas, ce fut à cause de la chaleur émanant de la soupe. Il se retint de hurler de douleur, laissant simplement échapper un couinement de souffrance indistinct qui fit ricaner un peu plus ceux qu'il détestait au plus haut point.
 
Qu'est-ce qui se passe encore ici ?
S½ur Joëlle, l'une des s½urs qui gardaient le réfectoire en ce week-end de février, s'approchait  de l'attroupement d'orphelins à pas pressés, un air réprobateur affiché sur son visage qui avait toujours laissé exprimer une allure pincée et crispée. Cette dernière n'avait jamais digéré le départ de frère Louis un an auparavant et  pour lequel Tom soupçonnait qu'elle avait éprouvé - du moins il le pensait à sa façon - des sentiments, bien que cela leur en soit interdit.  Cette dernière semblait d'ailleurs désormais s'énerver aussi souvent que celui-ci depuis qu'il avait terminé dans un asile, dépossédé de l'usage de ses mains dans des circonstances des plus nébuleuses, dont seuls Lianna et lui-même en connaissaient la véracité des propos.
 
Tom vit, ennuyé, la petite troupe d'orphelins feindre une expression de désarroi et de tristesse alors que ceux qui'il appelait « le véritable quatuor de la terreur» commencèrent à faire semblant de larmoyer d'une manière assez convaincante, qui fit rapidement comprendre à Tom qu'ils allaient encore en prendre pour leur grade alors qu'ils étaient simplement dans leur coin et à l'écart de tous pour ne pas changer. On ne changeait pas les bonnes habitudes.

-C'est eux ! renifla Billy en les pointant du doigt. Ils voulaient renverser leur plateau de nourriture sur nos têtes, on s'est défendus et la nourriture a fini par se retourner sur eux quand on a essayé de ne pas la recevoir sur nous. Ils ont dit qu'ils allaient  nous faire mal, on a juste voulu se défendre, s½ur Joëlle, on vous le promet !
-C'est pas vrai, s½ur Joëlle, je vous le jure, ils mentent ! cria Lianna, les yeux  brusquement larmoyants. Billy ment, on était juste tous les deux, Tom et moi, on mangeait quand ils sont venus  nous embêter, renifla douloureusement la petite fille. Je vous promets, s½ur Joëlle, c'est vrai !

Le garçonnet savait  pertinemment que c'était peine perdue quand il vit les narines de la femme frémir de colère. Il ne comprenait pas pourquoi son amie s'évertuait à dire la vérité, c'était totalement inutile. S½ur Joëlle les fusilla du regard et ne se soucia pas de l'état dégoûtant dans lequel ils se trouvaient désormais.
Tom sentait toujours le liquide de la soupe couler sinueusement ici et là sur son visage pâle, mais il ne s'en préoccupa pas, il avait l'habitude de faire face à ce genre de situation, et ce depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait. De toute manière, c'était toujours ainsi que cela se déroulait. Personne ne cherchait à les croire, toute parole qui sortait de leur bouche n'était qu'un pur tissu de mensonges. Tom savait à quoi s'attendre dans la seconde, alors que Lianna commençait à gémir devant les regards victorieux des autres orphelins. Au loin, frère Christian, et s½ur Millie s'approchaient eux aussi du petit attroupement, croyant certainement qu'ils avaient encore fait des choses dont ils n'étaient pourtant pas les responsables.
 
Les autres orphelins attablés et agglutinés tel du bétail ici et là dans le réfectoire vaquaient quant à eux à leurs occupations, habitués d'être spectateurs de ce genre d'événements récurrents à cause des deux « gamins bizarres de l'orphelinat ». Ne pas se préoccuper et ne pas s'approcher sous aucun prétexte de Tom Riddle et Lianna Sauwer était l'une des premières règles à appliquer si on ne voulait  pas subir les étranges phénomènes que les plus âgés ne cessaient de conter avec ardeur aux plus jeunes et... d'autant plus si on ne voulait pas se faire rejeter et se faire des amis au sein de l'orphelinat.
 
Madame Cole sera au courant de vos diableries, siffla s½ur Joëlle en décidant de ne pas trop laisser aller sa fureur devant ses deux autres collègues qui étaient de garde au réfectoire avec elle en ce jour de février, et de toute façon allez vous changer et vous laver, maintenant ! Vous avez rendez-vous en début d'après-midi avec le docteur Belivers selon madame Cole. Vous punir de la possibilité de rencontrer des parents adoptifs est, il me semble, une punition appropriée afin de vous faire réfléchir à vos actes.

Tom et Lianna crièrent intérieurement de désespoir face à cette injustice pour laquelle ils étaient de nouveau les victimes. D'un geste lent, ils se laissèrent tous deux glisser silencieusement de leur chaise, le visage baissé vers le sol alors que s½ur Joëlle, et sous les regards approbateurs des autres, pointait du doigt la sortie du réfectoire, direction les vestiaires et douches communes de l'orphelinat.
 
 La vie était injuste.

~*~

Ils étaient tous deux assis  sur le petit lit de la chambre de Lianna. Devant eux et assis sur une chaise se dressait un homme au crâne dégarni qui ne cessait de leur poser des questions, annotant de temps à autre des remarques sur le tas de feuilles qu'il tenait sur ses genoux, un air concentré plaqué sur son visage qui se manifestait par le biais de multiples rides apparaissant sur son front. Tom fixait froidement ce nouveau docteur qui était venu pour les « ausculter ». Il lui jetait de tant à autre des regards noirs alors que Lianna gardait les yeux rivés sur ses mains qui étaient positionnées sur sa petite jupe d'uniforme grisâtre.
 
... donc peut-être que vous faites cela pour attirer l'attention sur vous, vous voyez les enfants ? ...
- On veut attirer l'attention de personne, fit Tom durement. Lianna veut juste se faire des amis, mais personne ne veut de nous, nous avons déjà parlé de ça aux autres docteurs. C'est pas nous qui voulons pas. C'est les autres, continua-t-il d'une voix plus enfantine. Moi j'ai compris que ça servait à rien d'aller vers les autres parce qu'ils veulent pas jouer avec nous.
- Peut-être que vous vous y prenez mal ? expliqua l'adulte en les fixant par-dessus les lunettes rondes qu'il portait négligemment sur son nez. J'ai cru comprendre par le biais de madame Cole, Tom, que tu étais souvent pris dans des bagarres avec les autres enfants. Pourquoi cela ?
Parce que les autres ils cherchent pas à comprendre, siffla Tom froidement. Ils ne nous laissent aucune chance ! Parce que c'est eux qui viennent nous embêter et non l'inverse, on veut juste être tranquilles, Lianna et moi, alors si on nous embête maintenant on les embête aussi et on leur fait du mal si on le peut, cracha-t-il d'un ton venimeux. Moi je m'en fous maintenant, j'ai compris que j'étais pas assez bon, mais ça fait de la peine à Lianna, alors je n'aime pas ça. On est tout le temps punis pour rien. Ça sert à rien d'être gentil parce qu'on n'a rien en retour !
- Vous ne devez pas, comme tu le dis,  faire du mal aux autres parce que l'on vous embête, Tom, fit le médecin sérieusement. Vous devez prendre sur vous et...
Et alors, on doit se laisser faire ? fit brusquement Tom, énervé. Vous trouvez ça juste ?
Non ce n'est pas juste, Tom, continua le médecin en jetant un ½il à la fillette qui restait silencieuse, le visage baissé sur ses genoux, mais vous devez comprendre que personne n'agit sans raison et que votre comportement n'est peut-être pas des meilleurs avec les gens qui vous entourent, mais vous ne le voyez pas forcément.
 
Tom jeta un nouveau regard noir à ce docteur. Et tandis qu'il prononçait ces paroles, il posa sa petite main sur celle tremblante de son amie. Il ne riposta pas devant ces propos. Encore une fois, un médecin cherchait à comprendre ce qui n'allait pas en remettant la faute sur eux ! C'était injuste ! Quant à Lianna, elle ne parlait jamais beaucoup durant ces multiples auscultations, ayant peur qu'on ne l'emmène chez les fous, si ces derniers décidaient qu'ils étaient bien trop étranges et anormaux. Tom comprenait son amie, mais lui, il ne pouvait s'empêcher d'être méprisant avec les médecins, cela faisait très longtemps qu'il subissait ce genre d'interrogatoires déplaisants et il en avait marre.
 
Et puis, il savait que Lianna était blessée de sa nouvelle punition. En ce moment même, des parents adoptifs visitaient les orphelins qu'ils étaient, tous en ayant l'espoir de partir de cet endroit, mais encore une fois, ils étaient injustement punis. Ils entendaient d'ailleurs de nombreuses voix d'adultes et des pas dans les sinistres couloirs de l'établissement. Mais eux étaient consignés à rester dans cette chambre avec ce docteur sans en avoir la possibilité. Devant ces pensées qui l'envahissaient malgré lui, il sentit les larmes lui monter jusqu'aux coins de ses yeux, mais il les refoula très vite. Il ne voulait pas exposer de faiblesses auprès de ce médecin qui continuait d'annoter avidement sur ses feuilles.
 
- Est-ce que si on est bizarres, ça veut dire qu'on est méchants et c'est pour ça que les autres veulent pas être avec nous, monsieur ? On n'a pas le droit d'avoir de maman et de papa parce qu'on n'est pas assez bons ?

Lianna venait de s'exprimer, la voix chancelante et tremblante. Tom savait qu'elle désirait ardemment comprendre pourquoi elle subissait ce genre de traitements, savoir ce qui n'allait pas avec elle, pourquoi ils étaient capables de faire d'étranges choses que toute autre personne ne pouvait incontestablement pas faire. Le médecin soupira, puis posa son stylo sur ses feuilles. Le garçonnet le trouva étrangement mal à l'aise, comme s'il faisait face à un étrange combat intérieur et pour lequel, il ne savait comment répondre devant les propos de son amie qui étaient pourtant très clairs dans son jeune esprit.
 
Votre comportement, Lianna, que tu qualifies toi-même d'étrange, est certainement le résultat de ce rejet des autres, lança-t-il d'une voix hésitante, mais tout le monde a le droit d'avoir des parents. Essayez d'être bons et moins turbulents, vous verrez à quel point la vie est plus agréable et facile ainsi.
- Est-ce que vous, vous trouvez qu'on est méchants ? continua  la fillette, ne comprenant pas ce qu'elle pouvait changer dans sa façon d'être  pour se faire des amis. Pourtant, j'essaye d'être gentille, murmura-t-elle perplexe, et ils veulent pas me laisser jouer avec eux, pourtant moi je voudrais partager avec des amis, mais j'ai pas de copains et de copines, il n'y a que Tom, il est mon seul ami.


Le docteur Belivers avait mis quelques secondes avant de répondre par la négative. À vrai dire, les sentiments contradictoires qu'il ressentait vis-à-vis de ces petits enfants le perturbait. Il n'avait jamais su définir le sentiment d'oppression qui l'avait pourtant envahi en leur présence. Un sentiment malsain, une sensation inopportune qui pourtant étaient complètement risibles quand on écoutait la détresse suinter de leur voix enfantines. Ces enfants à proprement parler ne semblaient pas aussi mauvais que l'avait décrit avec tant d'ardeur la directrice de cet orphelinat.


Sans le savoir, ce dernier en tant que  moldu était confronté à la lourdeur de leur Magie  en développement qui se ressentait par le biais de leur aura étouffante. En tant que psychologue, ces petits et étranges enfants resteraient à jamais gravés dans sa mémoire, et il ne sut jamais comprendre ce qui n'allait réellement pas avec ces bambins. Et pourtant, la Magie était ce qui les faisait tant rejeter comme des malpropres à chaque fois que Tom et Lianna avaient essayé de se faire des camarades de jeu.

~*~
Une fois que le médecin eut quitté la petite chambre de Lianna, légèrement perturbé par les propos qui avaient été échangés avec eux, madame Cole en personne leur avait strictement interdit de sortir de cette dernière le temps que l'ensemble des visiteurs, c'est-à-dire des potentiels parents adoptifs, ne soient partis de l'établissement, sous peine d'être privés de nourriture le soir. Tom regardait depuis quelques minutes et d'un air malheureux Lianna positionnée et accroupie sur sa petite chaise en bois qui se trouvait devant sa petite fenêtre qui donnait sur la cour de l'orphelinat où l'on pouvait apercevoir  des adultes qui rentraient et sortaient au sein de l'établissement afin de rencontrer une première fois et personnellement des potentiels enfants qu'ils prendraient sous leur aile. Ce genre d'événements se déroulait et était organisé deux fois par mois, et avait toujours été source d'espoir pour tous les orphelins de l'établissement.
 
On devrait faire nos devoirs pour l'école demain, Lianna, frère Christian va sûrement venir vérifier qu'on les a fait avant de pouvoir aller manger,  lâcha Tom en continuant d'observer consciencieusement son amie. Ca  sert à rien et tu le sais bien. De toute façon, personne nous prendra jamais avec nous, tu as bien vu avec ce nouveau médecin, il a dit qu'on n'était pas méchants, mais ça se voyait qu'il le pensait bien fort ! On est différents des autres !

Lianna avait le nez collé contre la vitre, espérant que peut-être ces adultes apercevraient une petite fille consignée dans sa chambre qui rêvait ardemment que l'on fasse sa connaissance. Ses mains étaient également positionnées sur la fenêtre, comme si elle espérait que cette dernière ne se brise sous son poids. Tom remarqua facilement qu'elle ne broncha pas de sa position alors qu'il venait d'énoncer ses paroles. Il soupira, lui aussi avait tant espéré comme elle, mais il avait toujours vécu ici et rien ne changerait, car ils étaient spéciaux et il pensait sincèrement que les gens le ressentait eux aussi. Il s'approcha calmement de Lianna, puis il posa une main sur son épaule en réitérant ses propos d'une voix calme.
 
-Tu as raison, bégaya-t-elle en retournant légèrement son visage maculé de larmes vers lui, on est... on est... différents, et à partir de maintenant, moi non plus je n'irais plus vers les autres, ça sert à rien, oui tu as raison, Tom. Plus jamais je n'essayerai de me faire des amis, car ça fait mal. Peut-être que comme le disent les frères et s½urs, on est vraiment les enfants du Diable ?

Sous cette réflexion horrifiante et pourtant enfantine qui les ferait tous deux réfléchir dans leur quête vers la vérité, Lianna descendit de la chaise sur laquelle elle se trouvait positionnée avec tant de désespoir. Tom s'empressa quant à lui de prendre cette dernière dans ses bras frêles en guise d'un réconfort mutuel dont ils avaient tous les deux ardemment besoin. Peut-être qu'après tout que c'était vraiment de là d'où venait ces dons ? Peut-être aussi que c'était pour cela que « Dieu » n'entendait pas leur prière le soir ?
 
Parce qu'ils étaient vraiment les enfants d'un monstre ? La prière du soir était obligatoire pour tous les orphelins et ils devaient la réaliser avant de dormir, sous l'½il attentif des frères et s½urs. Tout comme aller à l'église le dimanche l'était aussi. Mais Tom ne croyait certainement pas qu'un quelconque Dieu existe ! Car s'Il existait, ni Lianna ni lui ne seraient dans une telle situation, et aucun d'eux ne se ferait maltraiter. Ou alors oui, Lianna avait raison, ils étaient les enfants du Diable, et ils devaient subir tous ces traitements malheureux parce que c'était normal ! Mais encore une fois, Tom était suspicieux, car Lianna n'était pas méchante, alors était-ce simplement un cadeau, ces dons dont ils disposaient ? Comment devaient-ils s'en servir ? Faire le bien ou le mal ? Ce fut sous ces réflexions philosophiques que Tom s'éloigna maladroitement de la fillette, un air pensif plaqué sur son visage pâle.

Moi, fit Tom en employant un ton solennel et sérieux, jamais je  te laisserais tomber et te ferais du mal. Je t'en fais la promesse, Lianna. Et  dis pas de bêtises, le Diable ça existe pas ! Si c'était vrai, alors ça voudrait dire qu'on est frère et s½ur, c'est ridicule, Li' ! Tu dois arrêter de les écouter, ce sont tous des idiots !

Et en guise de serment que Tom Riddle ne briserait au grand jamais, il attrapa la main de son amie et il enlaça ses doigts avec ceux de cette dernière, qui afficha un petit sourire triste à son attention.
 
Tu es et tu seras ma meilleure amie pour toujours, j'ai besoin de personne d'autre, moi.

~*~

 La magie était-elle vraiment un cadeau pour des enfants disposant d'une ascendance « sorciers » dans ces cas- là ? Tom et Lianna ne risquaient-ils pas de devenir des obscurus s'ils avaient décidé de refouler inconsciemment et avec tant d'ardeur leur Magie, prenant ces dons comme une malédiction ? Tom n'avait jamais pris cela comme une horrible chose, à l'inverse de Lianna qui à une époque souhaita de tout c½ur être normale, avant que le mépris ne commence tout doucement, sinueusement à l'accaparer à l'encontre de  ces êtres non magiques au point de les faire tous deux devenir ces monstres qu'on n'avait cessé de leur décrire avec tant d'ardeur.

Deuxième conséquence de ce moment de vie : prise de conscience de soi et changements de comportements.

~*~
 
NB
Votre avis constructif ? s'il vous plait ? Est-ce qu'un chapitre 3 doit voir le jour dans 2 semaines?
Cette fiction est vraiment bien psychologique quand on y regarde bien x) Je suis contente j'ai réussi à poster à l'heure et avant une semaine de révision. ( si je garde le rythme ça devrait aller vite à terminer (écrire 6 pages par chapitre ça va assez vite ) !

Je vous conseille d'aller lire l'os 3, 8 et 17 ( part 1 et 2) sur the-secrets-of-the-past qui font également référence à leur enfance assez explicitement ( ou se trouve ma fanfiction de base).
J'ai aussi  un autre spin off qui reste incertain ( sur les parents de Lianna et par extension Newt Scamender) si ça vous intéresse thescamender-trip.